1. Que dira le personnel de la ligne d’écoute et de soutien Fem’aide si j’appelle pour exprimer mon inquiétude au sujet de ma voisine?
  2. Quels gestes concrets puis-je poser pour aider une femme qui est victime de violence?
  3. Comment savoir si un enfant est exposé à la violence faite aux femmes?
  4. Quels sont les effets possibles de la violence faite aux femmes sur les enfants qui en sont témoins?
  5. Si j’ai la possibilité de parler en toute sécurité à une mère de son ou ses enfants, quel message dois-je lui transmettre en priorité?
  6. Que faire si une femme nie la violence ?
  7. Réponse type pouvant être donnée à une femme disant craindre qu’un membre de sa famille/amie/voisine soit victime de violence
  8. Réponse type pouvant être donnée à une femme disant craindre qu’un membre de sa famille/amie/voisine soit victime de violence (femme déclarant avoir elle-même été violentée)
  9. Mais… l’égalité des femmes est acquise aujourd’hui, n’est-ce pas?
  10. Les femmes sont aussi violentes que les hommes?
  11. De quelle manière les femmes usent-elles de violence?
  12. Comment puis-je parler à un homme de son comportement violent tout en m’assurant que ce soit sécuritaire d’intervenir?
  13. Que faire s’il nie ses actes de violence et refuse d’en parler?
  14. Une fois que j’ai parlé à un homme violent et qu’il a reconnu sa violence, que dois-je faire?
  15. Pourquoi n’est-il toujours question que de la violence faite aux femmes? Et la violence faite aux hommes, elle?

1. Que dira le personnel de la ligne d’écoute et de soutien Fem’aide si j’appelle pour exprimer mon inquiétude au sujet de ma voisine?

Le personnel de Fem’aide prendra le temps de discuter de vos craintes, vous écoutera décrire ce que vous avez vu ou entendu et vous donnera des conseils pratiques sur la façon dont vous pouvez aider. Dans la plupart des cas, les conseillères vous recommanderont de parler de Fem’aide à votre voisine et de l’encourager à téléphoner pour obtenir de l’aide. Le fait d’inciter les femmes agressées à prendre des décisions elles-mêmes contribue à lutter contre les effets de la violence.

Pour obtenir des conseils, appelez la ligne de d’écoute et de soutien pour femmes victimes de violence Fem’aide au1 877 336 2433 (ligne ATS : 1 866 860 7082).

[Haut]

2. Quels gestes concrets puis-je poser pour aider une femme qui est victime de violence?

Rappelez-vous qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des compétences spécialisées ou d’assumer un rôle de conseiller.
Lorsque vous reconnaissez des signes avertisseurs, soyez solidaire et renseignez la personne sur les services qui peuvent l’aider. Il existe dans votre collectivité des spécialistes professionnels qui fournissent les services et les conseils appropriés.
Vous pouvez également demander des conseils à ce sujet en appelant la ligne téléphonique francophone Fem’aide au 1 877 336-2433 (ou la ligne ATS : 1 877 860-7082).

[Haut]

3. Comment savoir si un enfant est exposé à la violence faite aux femmes?

Les enfants ne parleront pas nécessairement de la violence dont ils ont été témoins, mais on peut reconnaître quelques signes avertisseurs. Bien que les enfants soient en général dotés d’une grande capacité de résilience, et que certains ne montrent que peu d’effets négatifs à court ou à long terme après ce type d’expériences, tous les enfants qui sont exposés à la violence faite aux femmes courent des risques plus élevés de subir par la suite des actes de violence ou de mauvais traitements.

Les signes avertisseurs suivants peuvent indiquer qu’un enfant a été exposé à la violence faite aux femmes :

  • Troubles physiques (maux de tête ou d’estomac)
  • Fatigue
  • Crainte constante d’un éventuel danger et/ou inquiétude pour la sécurité de ses proches
  • Tristesse et/ou éloignement des autres et des activités
  • Faible estime de soi et manque d’assurance, en particulier quand il s’agit de commencer de nouvelles activités (y compris les devoirs scolaires)
  • Manque d’attention en classe, difficultés à se concentrer sur le travail et à apprendre
  • Crises de colère dirigées contre d’autres adultes, d’autres enfants ou soi-même
  • Intimidation et/ou agressivité dirigée contre d’autres enfants et les frères et soeurs
  • Croyance en des stéréotypes : les hommes sont des agresseurs et les femmes des victimes.

Les enfants plus âgés peuvent manifester les signes suivants :

  • Idées et actes suicidaires
  • Comportement à haut risque, y compris des actes criminels ou un abus d’alcool ou de drogues
  • Absentéisme à l’école ou fugues
  • Violence dans les fréquentations.

[Haut]

4. Quels sont les effets possibles de la violence faite aux femmes sur les enfants qui en sont témoins?

Voir ou entendre sa mère subir la violence de son partenaire, ou apprendre ce qui s’est passé par la suite, menace le sentiment de stabilité et de sécurité des jeunes.

Les conséquences possibles sur les enfants et les adolescents, incluent entre autres:

  • L’augmentation des troubles affectifs et comportementaux;
  • Des réactions de stress post-traumatique (souvenirs récurrents (flashback), cauchemars, sursauts au moindre bruit, crainte permanente d’un éventuel danger, etc.);
  • Risques accrus de blessure physique ou de mauvais traitements (violence physique ou psychologique).

L’agresseur peut se servir des enfants et des adolescent-es comme stratégie pour contrôler ses victimes adultes. Il peut par exemple :

  • Prétendre que la mauvaise conduite des enfants est la raison de sa violence envers leur mère;
  • Menacer, en présence de la victime, de recourir à la violence envers les enfants et leurs animaux domestiques;
  • Garder les enfants en otage ou les enlever en vue de punir leur mère ou d’obtenir son obéissance;
  • Leur parler de leur mère en la dénigrant.

Les enfants et les adolescents et adolescentes peuvent avoir des sentiments très ambigus à l’égard de leur parent violent. L’affection peut coexister avec le ressentiment et le déception.

  • Les jeunes peuvent imiter et apprendre à adopter les attitudes et les comportements de violence à l’égard des femmes dont ils sont témoins. En conséquence, il leur arrive de recourir à la violence et aux menaces pour obtenir ce qu’ils désirent, et de croire qu’on ne risque rien en faisant du mal aux autres, que les hommes sont les maîtres et peuvent diriger la vie des femmes, et que ces dernières n’ont pas le droit d’être traitées avec respect.
  • Le fait d’être exposés à la violence peut endurcir les enfants et les adolescents face à un comportement agressif. Lorsque c’est le cas, la violence finit par devenir « normale » et ne leur apparaît plus comme un signe inquiétant.

[Haut]

5. Si j’ai la possibilité de parler en toute sécurité à une mère de son ou ses enfants, quel message dois-je lui transmettre en priorité?

Le message principal à transmettre à une mère consiste à lui exprimer votre préoccupation à l’égard de sa sécurité et de la sécurité de ses enfants. Veillez à ne pas lui faire de reproches quand vous lui parlez des effets que la violence faite aux femmes peut avoir sur les enfants.

Il peut être utile de réfléchir avec la mère aux moyens éventuels d’atténuer l’impact sur les enfants. Vous pourriez aborder les points suivants lorsque vous discutez avec elle :

  • Soulignez qu’il est essentiel de fournir aux enfants la possibilité d’exprimer leurs sentiments en toute sécurité. Expliquez-lui qu’elle pourrait essayer de leur donner des exemples de différents sentiments (le bonheur, la tristesse, la frustration, la peur, etc.), des moyens appropriés de montrer ces sentiments, ainsi que des méthodes permettant de les reconnaître chez les autres.
  • Employez des mots neutres en parlant du comportement des enfants – et non des mots qui portent un jugement, comme « bon », « mauvais », « pas gentil », etc.
  • Insistez sur l’importance d’établir un plan de sécurité pour elle et pour ses enfants.
  • Suggérez-lui de donner certaines responsabilités aux enfants. La possibilité de prendre une décision renforce leur estime de soi et leur sentiment de maîtriser la situation.
  • Conseillez-lui de ne pas diaboliser ou critiquer le parent agresseur. Ceci peut troubler les enfants et leur donner l’impression d’être déloyal.

[Haut]

6. Que faire si elle nie la violence ?

Il arrive qu’une femme ne se sente pas suffisamment prête, à l’aise ou en sécurité pour reconnaître qu’elle est victime de violence.

Si elle nie la violence :

  • Dites-lui qu’elle peut venir vous parler n’importe quand.
  • Ne vous mettez pas en colère ou ne vous sentez pas frustrée par sa décision. Il est important que vous compreniez qu’elle risque d’avoir peur d’agir ou de ne pas être prête à le faire.
  • Essayez de comprendre pourquoi elle peut avoir du mal à demander de l’aide. Elle risque d’avoir honte.
  • Offrez-lui de l’accompagner si elle a besoin de renseignements ou de soutien supplémentaires.
  • Si elle a des enfants, expliquez-lui calmement que sa sécurité et celle de ses enfants et leur bien-être émotionnel vous tiennent à coeur. Elle risque d’admettre plus facilement la situation si elle se rend compte que ses enfants risquent aussi d’être en danger.

[Haut]

7. Réponse type pouvant être donnée à une femme disant craindre qu’un membre de sa famille/amie/voisine soit victime de violence

Madame,

Je vous remercie du courriel/de la lettre dans lequel/dans laquelle vous dites craindre pour la sécurité de votre voisine/amie/membre de votre famille.

Les femmes peuvent subir diverses formes de violence : agression physique ou sexuelle, violence affective, spirituelle, et/ou domination financière et limitation de l’accès aux membres de la famille, aux amis et aux membres de la collectivité. Cette violence a de nombreuses répercussions : blessures, tort, humiliation, isolement, intimidation, impression d’être prise dans un piège et parfois la mort.

La violence faite aux femmes se manifeste par des signes avertisseurs clairs. Reconnaître ces signes et les facteurs de risque constitue la première étape lorsqu’on veut venir en aide à une femme violentée. Si vous craignez pour la sécurité immédiate d’une femme, communiquez avec la police.

Si vous connaissez la langue que parle votre voisine/amie/membre de votre famille, vous voudrez peut-être aussi lui fournir une brochure sur la planification de la sécurité. Vous devrez cependant vous assurer de ne pas le faire en présence de son agresseur.

De concert avec le Centre for Research and Education on Violence Against Women and Children, la Direction générale de la condition féminine de l’Ontario dirige la campagne Voisin-es, ami-es et familles visant à sensibiliser la population aux signes avertisseurs de la violence faite aux femmes pour qu’il soit possible d’aider les femmes qui sont susceptibles d’être victimes de violence ainsi que les hommes susceptibles d’être les auteurs de cette violence. Le matériel conçu pour la campagne contient beaucoup d’information sur les signes avertisseurs de la violence faite aux femmes ainsi que des suggestions relatives aux façons dont vous pouvez aider les femmes qui en sont victimes. Voici les titres de ces ressources :

  • Planification pour la sécurité des femmes victimes de violence
  • Comment identifier et aider les femmes qui risquent de devenir victimes d’actes de violence
  • Comment parler aux hommes violents
  • Conseils en matière de planification de la sécurité à l’intention des femmes victimes de violence
  • Signes avertisseurs permettant d’identifier et d’aider les femmes qui risquent de devenir victimes de violence

Ces ressources sont disponibles dans 18 langues :

  • Anglais
  • Arabe
  • Chinois simplifié et chinois traditionnel
  • Coréen
  • Créole d’Haïti
  • Espagnol
  • Farsi
  • Français
  • Kirundi
  • Lingala
  • Panjabi arabo-persan et Panjabi gurmukhi
  • Russe
  • Somali
  • Swahili
  • Tamoul
  • Vietnamien

On peut commander gratuitement ces ressources par téléphone au 613 241-8433 ou par courriel à coordonnatricevaf@francofemmes.org. Pour voir les dépliants immédiatement ou pour obtenir de plus amples renseignements sur la campagne Voisin-es, ami-es et familles, visitez le site Web suivant : www.voisinsamisetfamilles.ca

Vous pouvez aussi téléphoner à la Ligne d’aide et de soutien pour femmes violentées Fem’aide au 1 877 336-2433. Cette ligne téléphonique en service 24 heures par jour (ATS 1 866 860-7082) vient en aide aux femmes violentées de l’Ontario. Le service est anonyme et confidentiel.

Le personnel de la ligne d’aide peut aussi vous aider, en tant que voisine/amie/membre de la famille préoccupée par la situation, à aider une femme victime de violence ou un homme auteur de cette violence. Le personnel discutera avec vous des signes avertisseurs de violence que vous avez constatés et vous fera des suggestions concrètes quant à la façon d’aider la personne visée.

Pour de plus amples renseignements sur les services de Fem’aide, visitez : www.femaide.ca/

N’oubliez pas que vous pouvez parler aux employés de la Ligne d’aide et de soutien pour femmes violentées Fem’aide si vous craignez pour la sécurité d’une autre personne ou pour votre propre sécurité.

Je vous remercie de votre intérêt envers la prévention et l’élimination de la violence faite aux femmes ainsi que des efforts que vous déployez en ce sens.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.
[Haut]

8. Réponse type pouvant être donnée à une femme disant craindre qu’un membre de sa famille/amie/voisine soit victime de violence (femme déclarant avoir elle-même été violentée)

Madame,

Je vous remercie du courriel/de la lettre dans lequel/dans laquelle vous dites craindre pour la sécurité de votre voisine. Le fait que vous ayez vous-même été victime de violence peut vous permettre de mieux déceler les signes précurseurs de violence.

Les femmes peuvent subir diverses formes de violence : agression physique ou sexuelle, violence affective, spirituelle, et/ou domination financière et limitation de l’accès aux membres de la famille, aux amis et aux membres de la collectivité. Cette violence a de nombreuses répercussions : blessures, tort, humiliation, isolement, intimidation, impression d’être prise dans un piège et parfois la mort.

La violence faite aux femmes se manifeste par des signes avertisseurs clairs. Reconnaître ces signes et les facteurs de risque constitue la première étape lorsqu’on veut venir en aide à une femme violentée. Si vous craignez pour la sécurité immédiate d’une femme, communiquez avec la police.

Si vous connaissez la langue que parle votre amie/voisine/membre de votre famille, vous voudrez peut-être aussi lui fournir une brochure sur la planification de la sécurité. Vous devrez cependant vous assurer de ne pas le faire en présence de son agresseur.

De concert avec le Centre for Research and Education on Violence Against Women and Children, la Direction générale de la condition féminine de l’Ontario et Action Ontarienne contre la Violence Faite aux femmes; coordonne la campagne Voisins, amis et familles visant à sensibiliser la population aux signes avertisseurs de la violence faite aux femmes pour qu’il soit possible d’aider les femmes susceptibles d’être victimes de violence ainsi que les hommes susceptibles d’être les auteurs de cette violence. Le matériel conçu pour la campagne contient beaucoup d’information sur les signes avertisseurs de la violence faite aux femmes ainsi que des suggestions relatives aux façons dont vous pouvez aider les femmes qui en sont victimes.

Voici les titres de ces ressources :

  • Planification pour la sécurité des femmes victimes de violence
  • Comment identifier et aider les femmes qui risquent de devenir victimes d’actes de violence
  • Comment parler aux hommes violents
  • Conseils en matière de planification de la sécurité à l’intention des femmes victimes de violence
  • Signes avertisseurs permettant d’identifier et d’aider les femmes qui risquent de devenir victimes de violence

Ces ressources sont disponibles dans 18 langues :

  • Anglais
  • Arabe
  • Chinois simplifié et chinois traditionnel
  • Coréen
  • Créole d’Haïti
  • Espagnol
  • Farsi
  • Français
  • Kirundi
  • Lingala
  • Panjabi arabo-persan et Panjabi gurumukhi
  • Russe
  • Somali
  • Swahili
  • Tamoul
  • Vietnamien

On peut commander gratuitement ces ressources par téléphone au 613 241-8433 ou par courriel à coordonnatricevaf@francofemmes.org. Pour voir les dépliants immédiatement ou pour obtenir de plus amples renseignements sur la campagne Voisins, amis et familles, visitez le site Web suivant : www.voisinsamisetfamilles.ca

Vous pouvez aussi téléphoner à la Ligne d’aide et de soutien pour femmes violentées Fem’aide au 1 877 336-2433. Cette ligne téléphonique en service 24 heures par jour (ATS 1 866 860-7082) vient en aide aux femmes violentées de l’Ontario. Le service est anonyme et confidentiel.

Le personnel de la ligne d’aide peut aussi vous aider, en tant que voisine/amie/membre de la famille préoccupée par la situation, à aider une femme victime de violence ou un homme auteur de cette violence. Le personnel discutera avec vous des signes avertisseurs de violence que vous avez constatés et vous fera des suggestions concrètes quant à la façon d’aider la personne visée.

Pour de plus amples renseignements sur les services de Fem’aide, visitez : www.femaide.ca/

Je suis heureuse de savoir que vous n’êtes plus victime de violence faite aux femmes. Si votre propre sécurité vous préoccupe, n’oubliez pas que vous pouvez aussi parler de votre situation personnelle aux employés de la Ligne d’aide et de soutien pour femmes violentées Fem’aide.

Je vous remercie de votre intérêt envers la prévention et l’élimination de la violence faite aux femmes ainsi que des efforts que vous déployez en ce sens.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.
[Haut]

9. Mais… l’égalité des femmes est acquise aujourd’hui, n’est-ce pas?

Bien que les lois et les politiques sociales aient été modifiées en vue d’atténuer l’inégalité entre les femmes et les homme, les stéréotypes de genre subsistent, génération après génération, en raison des messages au sujet des hommes et des femmes que nous transmettons à nos enfants.Ces messages sont relayées par les chansons, les publicités, les films, la télévision, les jeux vidéos, ainsi que par les paroles des adultes qui les entourent et les influencent.

Les jeunes garçons et les hommes ont souvent davantage de possibilités, de pouvoir et de privilèges, que ce soit dans le monde scolaire, sportif ou professionnel, le système de justice pénale ou dans leurs relations intimes. Certains croient que les hommes sont supérieurs aux femmes à tous niveaux (intellectuel, social, financier, parental) et qu’ils ont donc le droit – ou du moins la prérogative méritée – d’adopter un comportement violent et dominant pour atteindre et conserver leur position d’autorité et de prestige. L’oppression est appuyée par le statut privilégié associé au genre, à la race, à la religion, à la classe sociale, à l’orientation sexuelle, à l’âge et à l’aptitude physique.

Pour mettre un terme à la violence faite aux femmes, toutes les femmes doivent devenir les égales des hommes et être appréciées et respectées de la même façon par la société.
[Haut]

10. Est-ce que les femmes sont aussi violentes que les hommes?

Dans son rapport annuel de 2005, le Comité d’étude sur les décès dus à la violence familiale indique que, sur les 100 cas étudiés entre 2002 et 2005, les femmes étaient victimes dans 93 % des cas et les hommes, dans 7 % des cas. Les hommes étaient les agresseurs dans 94 % des cas, contre 6 % pour les femmes. Le rapport précise que « les décès dus à la violence familiale ne sont pas des événements exempts de discrimination ».
[Haut]

11. De quelle manière les femmes usent-elles de violence?

Toute violence, envers qui que ce soit, est inacceptable et ne doit pas être tolérée, qu’elle soit le fait d’un homme ou d’une femme. Seule la violence utilisée pour se protéger soi-même ou protéger ses enfants ou ses animaux domestiques fait exception. En outre, le fait d’avoir un partenaire dominateur et violent crée un véritable traumatisme pour la ou les victimes. Les femmes violentées peuvent ainsi devenir agressives et se mettre en colère par réaction au traumatisme qu’elles subissent – ce qui est un signe avertisseur de violence (pour en savoir plus, consultez les Signes avertisseurs de violence).

Les rapports de recherche et les groupes de défense des droits de la femme reconnaissent en règle générale que l’utilisation de la violence par les femmes est motivée par de nombreuses circonstances, y compris (mais non exclusivement) :

  • La protection de soi-même et de ses proches, comme les enfants et les animaux domestiques (c’est la principale cause des actes de violence);
  • Une réaction violente aux mauvais traitements, au fait d’être dominée et surveillée (dans les cas où la femme est la victime de la violente);
  • Pendant la période de séparation ou la fuite, pour échapper à l’agresseur (peut aussi être une forme de légitime défense);
  • La violence comme moyen de contrôler et de dominer son partenaire(les études montrent que cette forme de violence représente environ 5 % des cas.

[Haut]

12. Comment puis-je parler à un homme de son comportement violent tout en m’assurant que ce soit sécuritaire d’intervenir?

Parler à un homme violent peut vous paraître difficile et pénible. Toutefois, si vous connaissez un homme violent et vous vous inquiétez de la sécurité de sa partenaire ou de ses enfants, il existe différentes façons de créer des occassions de lui parler et d’offrir un appui à sa famille tout en ayant conscience des risques éventuels. Consultez la brochure Comment parler aux hommes violents pour en savoir plus.

IMPORTANT : Ne jamais intervenir cours d’une agression. Si vous êtes témoin d’un acte de violence, composez le 9-1-1 ou appelez la police locale.
[Haut]

13. Que faire s’il nie ses actes de violence et refuse d’en parler?

Minimiser, nier et blâmer sont des tactiques courantes utilisées par les hommes violents qui ont l’habitude de rejeter sur les autres la responsabilité de leur comportement agressif. Ils ont tendance à minimiser l’importance ou à nier la réalité de leurs actes, à déclarer qu’ils ne font rien de mal ou à reporter la responsabilité de leur violence sur la victime. En parlant avec un homme violent, vous vous heurterez probablement à une résistance de sa part. Afin d’être préparé-e à discuter de son comportement, vous devez savoir qu’il niera sans doute son comportement violent de manière à refuser la responsabilité de ses actes.

Cette résistance ne signifie pas que votre conversation n’aura servi à rien. Au moins, il sait désormais que d’autres personnes considèrent son comportement comme violent et inacceptable. Maintenant que vous avez abordé le sujet, il décidera peut-être plus tard de reparler de violence avec vous. On ne fait pas comprendre à quelqu’un en une seule fois les questions liées à l’égalité entre les sexes et à des relations saines. Il s’agit d’un effort continu d’échanges d’information et d’idées.

Lui faire comprendre qu’il n’est pas seul et que vous êtes là pour l’aider. Essayez de l’aider à reconnaître les comportements violents et le contrôle qu’il exerce. Par exemple, tout effort pour empêcher sa partenaire de faire ce qu’elle veut (comme travailler à l’extérieur ou rencontrer une personne qui lui est chère) est une forme de violence. Mettre l’emphase sur les avantages d’aller chercher de l’aide et de trouver des statégies saines pour résoudre les conflits. Vous préparer à l’aider à trouver des services de soutien.

Voici quelques suggestions si l’homme nie ses actes de violence :

  • Continuer d’axer votre conversation sur le fait que la sécurité et le bien-être de sa famille vous préoccupent et rappeler-lui que la violence n’est jamais une solution.
  • Garder les voies de communication ouvertes et chercher des occasions de l’aider à trouver du soutien.

[Haut]

14. Une fois que j’ai parlé à un homme violent et qu’il a reconnu sa violence, que dois-je faire?

Demandez-lui comment il en est arrivé à recourir à la violence et aux mauvais traitements. Dites-lui que vous le croyez capable de changer s’il le souhaite vraiment et que vous appuierez ses efforts. Quand vous parlez de violence, n’oubliez pas de parler du rapport étroit entre ce qu’il pense des femmes et son attitude envers elles. Si l’homme vit actuellement une relation violente, conseillez-lui de s’adresser à des services de soutien qui peuvent l’aider (comme le Programme d’intervention auprès des partenaires violents).

Il est important d’éviter de justifier ou d’excuser un comportement violent. Ne montrez jamais la moindre tolérance ou la moindre solidarité à l’égard de la violence faite aux femmes. Encouragez l’agresseur à assumer ses responsabilités et à mettre fin à son comportement autoritaire. Essayez aussi de l’aider à comparer les avantages et les inconvénients des relations violentes et des relations saines. Rappelez-vous qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des compétences spécialisées ou d’assumer un rôle de conseiller. Il existe dans votre collectivité des spécialistes professionnels qui fournissent les services et les conseils appropriés. Ce que vous pouvez faire pour aider un homme violent, c’est le soutenir et le renseigner sur les services et les personnes qui peuvent l’aider. Pour obtenir une liste des Programmes d’intervention auprès des partenaires violents, appelez la ligne d’écoute et de soutien Fem’aide au 1 877 336-2433 (ou la ligne ATS : 1 877 860-7082).
[Haut]

15. Pourquoi n’est-il toujours question que de la violence faite aux femmes? Et la violence faite aux hommes, elle?

Le terme violence familiale s’entend d’une violence qui touche les hommes et les femmes également. Les résultats des enquêtes de Statistique Canada peuvent peut-être aussi donner l’impression à première vue que le problème ne touche que les femmes. Les hommes violents disent souvent avoir eux-mêmes été victimes de violence. C’est l’un des signes avertisseurs : « Il cherche à donner l’impression que c’est lui la victime et il agit comme s’il souffrait de dépression ». Dans le cadre du sondage aléatoire faisant partie de son Enquête sociale générale (ESG), Statistique Canada demande tant aux hommes qu’aux femmes s’ils ont été victimes de tout un ensemble d’actes de violence, des gifles à des formes de violence très graves. Les enquêteurs ne posent pas de questions permettant d’établir si les actes de violence ont été en réaction à la violence subie de la part du partenaire ou si la violence dirigée vers les hommes est unilatérale.

Pour qu’un homme soit victime de violence de la part d’une femme, il faut que la femme soit l’instigatrice des actes de violence. Une distinction importante s’impose lorsque les femmes ont recours à la violence comme moyen d’auto-protection. Les femmes qui commettent des actes de violence pour s’auto-protéger ou s’auto-défendre ne sont pas coupables de violence à l’endroit des hommes.

Le fait que la police ait déjà porté des accusations de violence à l’endroit de femmes qui cherchaient à s’auto-protéger ou à s’auto-défendre pose des difficultés et a donné lieu à l’établissement de statistiques erronées. Le MSCSC prend actuellement les mesures voulues pour corriger cette situation. Le ministère modifie la terminologie employée par les policiers et leur demande maintenant d’établir qui est à l’origine de la violence ou qui en est principalement responsable. Il devrait s’ensuivre une réduction du nombre de femmes contre lesquelles des accusations sont portées lorsqu’elles répliquent aux coups qui leur sont assénés dans le but d’essayer de contrer la violence et la domination exercées par leur partenaire.

Comme le rapport de 2005 du Comité d’examen sur les décès dus à la violence familiale l’indique « les décès dus à la violence familiale ne sont pas des incidents neutres sur le plan des sexes ». L’examen comporte des statistiques confirmant cette conclusion. « L’ensemble des données sur les homicides dus à la violence familiale en Ontario…suggère que l’agresseur est un homme et la victime une femme dans quelque 80 % des cas, soit une proportion de quatre à un. Ce pourcentage et ce ratio sont comparables aux conclusions d’autres CEDVF oeuvrant aux États-Unis, ainsi qu’aux données nationales sur l’homicide telles que publiées par Statistique Canada. »

Voici certaines statistiques démontrant que les principales victimes de la violence familiale sont les femmes :

D’après l’enquête de Statistique Canada datant de 2006 intitulée La violence familiale au Canada : Un profil statistique :

– En 2004, près de 28 000 affaires de violence conjugale ont été signalées à la police, dont 84 % avaient fait des victimes de sexe féminin et 16 % des victimes de sexe masculin. Les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de déclarer avoir été la victime de 10 incidents de violence conjugale ou plus (p. 11).

Sur dix ans, les rapports de police révèlent que les hommes sont beaucoup plus susceptibles que les femmes d’être les auteurs de la violence conjugale signalée à la police et aussi plus susceptibles de commettre des actes de violence réitérés à l’endroit de leur conjointe (p. 14) :

  • un seul incident de violence conjugale – 86 % d’hommes contre 15 % de femmes
  • incidents de violence conjugale réitérés – 94 % d’hommes contre 6 % de femmes
  • incidents de violence continus – 97 % d’hommes contre 3 % de femmes
  • les femmes étaient deux fois plus susceptibles que les hommes d’être blessées en raison de violence conjugale (p. 23)

De façon générale, les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’être victimes de formes de violence graves. Dans l’enquête intitulée La violence familiale au Canada : Un profil statistique, 2005, les données recueillies par Statistique Canada ont révélé que les femmes et les hommes sont victimes de formes de violence conjugale très différentes et que les répercussions de la violence sont plus graves pour les femmes que pour les hommes (page 13). À titre d’exemple, les données indiquent ceci :

– Les femmes étaient deux fois plus susceptibles que les hommes d’être blessées en raison d’actes de violence conjugale.

– Les femmes étaient aussi trois fois plus susceptibles que les hommes de craindre pour leur vie et deux fois plus susceptibles qu’eux d’être la cible de plus de 10 incidents violents.

– Les femmes étaient trois fois plus susceptibles que les hommes de devoir interrompre leurs activités quotidiennes à cause de la violence.

– Les femmes avaient subi une agression sexuelle de la part de leur partenaire, ce qui n’est pas le cas des hommes.

– Les femmes, et non les hommes, ayant été victimes de violence de la part de leur partenaire avaient déclaré un accroissement de la gravité et de la fréquence de la violence après avoir quitté leur partenaire.

Le groupe d’experts Voisin-es, ami-es et familles explique de la façon suivante pourquoi l’on utilise le terme « violence faite aux femmes » :

Pourquoi utilise-t-on de préférence le terme « violence faite aux femmes » plutôt que « violence conjugale », « violence familiale », « violence commise par le partenaire intime » pour décrire les mauvais traitements dont les femmes sont victimes dans leurs relations intimes? Ce terme reflète le fait que la violence que vivent les femmes est le résultat de leur inégalité sociale, économique et politique au sein de notre société. Le terme « violence faite aux femmes » englobe un vaste spectre de comportements, y compris la violence physique et sexuelle. Ce terme s’applique aussi à d’autres actes de violence graves comme la domination, l’intimidation, les menaces et l’isolement. Les victimes de violence déclarent que les formes non physiques de la violence sont souvent aussi dévastatrices que ses formes physiques.

Le terme « violence faite aux femmes » tient compte du fait que les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes dans notre société à être victimes de violence de la part de leur partenaire. À l’issue de la violence, les femmes sont aussi plus susceptibles que les hommes de subir des blessures et des traumatismes graves ainsi que des répercussions affectives, sociales et économiques. Les statistiques ainsi que les expériences des hommes indiquent aussi que le taux et le nombre d’hommes victimes d’actes de violence sont moins élevés que dans le cas des femmes.

[Haut]